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Lettre de Gorgerouge

Jacobinisme

Pourquoi je viens vous entretenir du Jacobinisme ? Parce que je prolonge mes réflexions à la suite de ma Lettre à ceux qui ne supportent pas ce que j’écris, datée du 23 décembre dernier. J’essaie encore et toujours de comprendre ce qui nous rend si inhibés, si indifférents face à la seule information utile aujourd’hui : la destruction massive du monde qui a lieu sous nos yeux, sous nos pieds, que nous voyons et que nous nous empressons d’oublier. Souvenez-vous de ces mots qui concluaient ma lettre du 23 décembre, mots empruntés à Günter Anders, mort en 1992 à l’âge de 90 ans, déjà il en avait pris conscience : « nous savons mais nous ne croyons pas ce que nous savons ».

Et pourquoi oublions-nous ? Pourquoi n’y croyons-nous pas ? En partie, en grande partie à cause du Jacobinisme, qui forge notre culture française, notre culture européenne, notre culture occidentale. Peut-être même le raisonnement peut-il s’élargir à l’échelle mondiale, à cette époque de mondialisation avancée de la culture, et pas uniquement de l’économie.

Définition du Jacobinisme selon wikipédia :

« (…) Le mot jacobinisme désigne aujourd’hui une doctrine qui tend à organiser le pouvoir de façon administrative (bureaucratie) et centralisée (centralisation) et à le faire exercer par une élite d’experts (technocratie)…

(…)

Comme mouvement historique, le jacobinisme peut s’apparenter au XXe siècle en URSS au centralisme bureaucratique. »

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Jacobinisme – 31 décembre 2019

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Si ce que j’exprime sur ce blog passe au-dessus de la tête de la grande majorité de ses destinataires, c’est parce que ce que j’y exprime, que ça soit vital ou pas n’a pas d’importance : ce qui compte, c’est que l’information reçue soit crédible, non pas par ses propres arguments, mais par les sources dont elle provient ! Or je ne suis pas une source, je suis un quidam parmi les autres quidams, atome perdu parmi les atomes innombrables qui constituent notre monde atomisé. C’est sa définition même. Sans institution qui porte notre parole, nous ne sommes plus rien. Et si aucune institution ne relaie une parole individuelle, aussi juste et aussi vitale soit-elle, cette parole reste et restera dans le vide sidéral de l’irresponsabilité généralisée issue de cette tradition jacobine.

Lorsque j’avais 25 ans j’ai rencontré Yann Daniel, deux fois seulement, durant peut-être une demi-heure à chaque fois, et il m’a marqué plus que personne d’autre. Il avait écrit Les chemins de la belle, livre que j’ai lu deux fois. C’est lui qui m’a mis la puce à l’oreille, car la plupart des visites qu’il recevait chaque jour ce n’étaient pas des Français, mais des Allemands, des Hollandais, qui venaient lui rendre visite par bouche-à-oreille. Chez nous, les Français, le bouche-à-oreille ne fonctionne pas, ne fonctionne plus : notre défunte culture orale, en faisant place à l’écrit, a perdu aussi cette capacité à transmettre une information qui ne passe pas par le canal des médias, mais une information qui se propage directement pas rhizomes, par la base, sous terre. C’était sans doute déjà un peu vrai chez les Allemands et les Hollandais dans les années 80, mais moins qu’en France. Aujourd’hui ? Je ne sais pas.

Ça expliquerait pourquoi mon rôle de Cassandre, bien qu’argumenté de marnière irréfutable et irréfutée, bien que vital au-delà de n’importe quelle autre information, reste si rarement relayé.

Les médias m’ignorent, mais mes lecteurs ne me relaient pas non plus. Certains même me demandent de les retirer de mes listes de destinataires. C’est un cercle vicieux.

D’autres me disent de mettre mes productions sur les réseaux sociaux, où je ne vais jamais par manque de temps et donc par choix, mais pourquoi ne le font-ils pas eux-mêmes ?! Mystère…

 

Bonne lecture, et une excellente année 2020 !!

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Gorgerouge
mieux tard que jamais,
merci à toi!
Kitty

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