Liens

Catégories

La Biennale de la Transition Grenobloise ! récit par Manon Faye de Toulouse en Transition

La Biennale de la Transition Grenobloise !

Du 9 au 16 Mars 2019 se déroulait à Grenoble la Biennale des Villes en Transition. Nous avons donc envoyé un membre de notre équipe pour nous représenter lors de cet évènement. Voici son récit.

Un contexte Grenoblois particulier

 

Grenoble, belle ville entourée de montagnes alpines se présente en 2022 pour devenir capitale verte européenne ! En effet,  La région des Alpes est une région où le réchauffement climatique va deux fois plus vite du fait de son encastrement dans les montagnes et de sa situation géographique, à cheval sur 8 pays européens. C’est pourquoi le bassin Grenoblois met toutes les chances de son côté pour devenir une ville résiliente, d’un point de vue écologique mais aussi social.

Les élus de la ville sont conscients de ces risques, ainsi, plusieurs pôles d’actions sont mis en place afin d’atteindre ces objectifs :

    • réduction de moitié les émissions de gaz à effet de serre et les émissions de particules fines.
    • réduction de 40% la consommation d’énergie par habitant.
  • division par 4 des émissions de dioxyde de carbone grâce à une stratégie audacieuse sur les déplacements : transport par câble, voies de covoiturage, RER métropolitain, développement des trams et bus…

La Biennale à laquelle j’ai pu me rendre était un état des lieux de l’avancement de la ville sur ces sujets et surtout une rencontre avec transitionneuses et transitionneurs de France !

Deux journées de transition 

J’ai passé deux jours à Grenoble, où à cette occasion une grosse partie de la ville était mobilisée, de l’institut de Géographie aux palais des sports jusqu’à l’Hôtel de ville ! Par ailleurs, un nombre impressionnants de conférences, d’ateliers, de colloques étaient proposés, difficile de faire un choix parmi tout ceci.

J’ai donc sélectionné 3 évènements majeurs :

–  Un colloque sur l’agriculture urbaine qui s’interrogeait sur les modèles économiques et le foncier en ville.

– Une rencontre avec les transitionneurs.ses de France pour créer des Hubs de la transition (je reviendrai sur le terme de Hub)

– Une rencontre avec les élus de la ville organisée par les Amis de la Terre pour parler des pistes de résilience de la région Grenobloise (je me suis dit que ça pourrait être inspirant pour notre Maire Mr. Moudenc ^^).

L’agriculture urbaine, effet de mode ou activité pérenne ?

Nous sommes face à un défis alimentaire dans nos villes, inutile de le rappeler. Dans les prochaines années, le nombre de citadins ne fera qu’augmenter et la question de l’alimentation sera (est déjà) à poser. Où se place l’agriculture urbaine par rapport à cette situation ? L’agriculture urbaine est une solution positive dans le sens où

  1. Elle permet de nourrir la ville à une échelle locale
  2. Ce sont des îlots de verdure qui apparaissent dans ville et rafraîchissent ces masses de béton.

Plusieurs associations (principalement parisiennes) sont venus exposer le travail qu’elles faisaient. Topager, par exemple est une association qui investit les toits de la capitale pour y planter des légumes. Les légumes récoltés sont soit distribués en AMAP (Nombre de paniers en fonction de la surface du toit) soit vendus à des restaurants ou des cuisines collectives de bureaux. Ils ont aussi la volonté de développer un jardin urbain d’une plus grande surface dans Paris.

Il semblerait que ces nouvelles “dynamiques agricoles” marchent et enchantent les citadins et tant mieux. Que fait on cependant des dynamiques rurales, de la désertification des campagnes ? La question n’est pas posée mais elle reste tout de même en toile de fond.

Un autre défi est face à nous : l’artificialisation des terres agricoles qui dans quelques années ne seront plus assez productives pour nourrir nos villes comme nos campagnes. Comment préserver nos terres pour qu’elles restent nourricières ? Ceci était l’objet de la deuxième partie de ce colloque.

Un dispositif à particulièrement attiré mon attention il s’agit du Périmètre de Protection des Espaces Agricoles et Naturel (PEAN). Face à la forte artificialisation des terres, ce dispositif est réfléchi par la ville de Lyon pour mettre en place un véritable projet alimentaire territorialisé entre péri-urbain et ville. La sélection de ce périmètre est décidée conjointement par plusieurs acteurs ainsi que le programme d’action. Ce périmètre sera à disposition de toute les associations foncières agricoles, les espaces tests, les fermes intercommunales qui ne pourront être délogées. Voici le genre de projet que l’on devrait voir fleurir de plus en plus aujourd’hui.

Cependant, la principale limite de ce dispositif est sa pérennité. Que se passera t’il lorsque la mandature du maire actuel de Lyon qui pousse ce dispositif prendra fin ? Comment peut on assurer la durée de tels dispositifs ? Voici des questions qui en soulève d’autres. Centraliser la propriété de la terre (ici à la ville) avec un projet défini par un seul acteur (la ville) permet il réellement d’opérer un changement dans les pratiques agricoles et/ou alimentaire actuelles ?

Créer des Hubs de la transition :

L’après midi je me suis rendue à la rencontre des transitionneurs.ses membres, voir fondateurs d’autre villes en transition, et je peux vous le dire, Toulouse en transition à la cote !! Nous n’étions pas nombreux mais « tant que Toulouse en Transition est la c’est tout bon ! ». J’ai donc retrouvé Jean Paul du Val de Marnes investit dans le mouvement des villes en transition depuis longue date qui a tenté à une époque avec Thibault de monter le « Transition France » sans réel succès. Thibault quand à lui coordonne les actions des quartiers en transition de l’île de France. Il y avait également Fabienne qui aimerait peut être monter un tiers-lieu de la transition dans la région Grenobloise avec 3 amies.

Nous avons longuement échangé sur la coordination du mouvement d’un point de vue Européen, et partagé nos actions respectives. Mais l’objectif de la réunion était de créer des Hubs de la transition, c’est à dire de s’allier avec des villes en transition de nos régions ou proche de nous pour créer plus de réseau et nous permettre d’avoir plus de visibilité, d’échange…

Pour ce qui concerne Toulouse en transition nous avons déjà participé à deux rencontres du Hub Sud-Ouest, rencontres organisées une fois par an dans lesquelles nous échangeons nos conseils et pratiques de transition !

Pistes de réflexion pour une ville résiliente :

Le lendemain, dernier jour de la biennale, six élus de la ville étaient conviés pour exposer leur pistes de résilience en vu d’un effondrement. Cette rencontre était organisée par Les Amis de la Terre qui ont commencé par exposer les 4 scénarios du futur des villes de Pablo Servigne : Une ville éco-technique, une ville éco-village, une ville enclavée, une ville effondrée. Directement mis dans l’ambiance, les élus devaient exposer leur initiatives vers une politique de transition. Les six élus faisaient partie du pôle “ville durable”, pôle dédié aux actions environnementales de la villes et tous avaient une responsabilité propre : transition énergétique, gestion de l’eau, alimentation locale et biologique, espaces publics et nature…

Globalement, ces élus spécialistes de ces questions ont une volonté politique de transition :

En partant de l’hypothèse de ne plus avoir d’électricité ou de gaz Vincent Fristo en charge du pôle énergétique de la ville proposait de débrancher 800 immeubles pendant quelques heures et de se retrouver pendant cette coupure à la maison des associations pour échanger. Faire marcher les bus en biogaz est aussi l’une de ses propositions.

Sur le point alimentaire, il est clairement avancé qu’une augmentation de la production ne pourrait suffir si les régimes alimentaires ne changent. Ainsi, faire de la pédagogie sur l’alimentation à l’école est nécessaire ainsi que faire passer les cantines en bio. Cependant, sur ce point, les demandes se heurtent au contexte national, par exemple il n’est pas possible de demander que les légumes servis viennent de plus de 100km de l’école. Cela pose donc la question de la production et de la distribution, c’est pourquoi un plan alimentaire territorial à co-construire avec les alentours de la ville devrait voir le jour ainsi qu’un centre de distribution urbaine pour faciliter la distribution des produits, éviter les déplacements trop nombreux…

Jacques Wiart délégué municipal aux déplacements et logistique urbaine s’est inspiré du scénarios de Négawatt et propose plusieurs pistes pour réduire les déplacement. Le développement du télétravail est à organisé en permettant aux travailleurs d’avoir la possibilité de se retrouver dans des lieux dédiés à ceci pour mutualiser les espaces, les consommations d’énergies… Les pistes cyclables sont déjà nombreuses à Grenoble afin de faciliter les déplacements à vélo… Un discours fort de la ville se tourne également vers le co-voiturage pour le travail.

Les élus sont réalistes, leur propositions ont satisfait le peu de personnes présentes, reste à les mettre en place…

La ville de Grenoble a déjà fait un vrai travail sur la collecte des déchets, des bacs de composts ont été installés dans les immeubles de la ville, les panneaux publicitaires ont été remplacés par des annonces propres à la ville et par des arbres… Les élus compte également sur une mobilisation citoyenne pour faire avancer les choses et pour rendre ensemble la ville plus résiliente face aux problématiques de demain.

Comments are closed.