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Une amie, trois évènements – 20 mars 2019, au Diamond à Evreux

Samedi dernier une amie me demandait si j’allais participer à la marche du climat, ce à quoi j’ai répondu que non, je préférais les actions concrètes, forêt nourricière, incroyables comestibles, œuvrer à l’avènement d’une abondance gratuite. Ce à quoi elle me répondit qu’il fallait les deux. Certes. J’acquiesçai poliment.

Puis deux autres évènements se présentèrent à moi, fort pertinemment.

Le Journal des Gilets jaunes, n° 1, février-mars 2019, 16 pages, regorge de revendications et de doléances auprès de nos zélées élites élues, sans jamais rien faire apparaître dans le domaine d’une auto-organisation collective pour recouvrer notre souveraineté productive locale, ni remettre le moins du monde en cause notre niveau de vie non négociable – NV2N. Autant dire un torchon à propos duquel je me demande bien qui sont ces cochons de journalistes qui l’ont écrit et d’où vient l’argent…

Le troisième évènement fut le 39e café décroissant d’hier soir au Matahari où nous étions quatre et où les discussions, comme chaque fois, furent enivrantes. Nous avons parlé Ecole démocratique, sociocratie, parole tournante, partage du pouvoir et de la parole, et là j’ai visualisé un axe politique imparable : à une extrémité de cet axe, le revendicatif. « On – veut – d’la justice sociale ! » et à l’autre extrémité la production d’une abondance gratuite conviviale.

Une amie, trois évènements - 20 mars 2019, au Diamond à Evreux hibou

Papillon hibou

Si l’on est dans le premier paradigme, celui du revendicatif, la sociocratie risque fort de nous renforcer dans cette position, voire de laisser émerger une prise de pouvoir, portée par celui dont la parole amplifiera le mieux ces revendications. Et dans ce scenario, à la trappe la sociocratie, comme Janet Biehl en relate moult exemples dans Ecologie ou catastrophe – la vie de Murray Bookchin.

Et donc non, cette amie du début n’avait pas forcément raison : car en dehors de produire en concertation, dans les actions que je qualifie de symboliques, dans les marches et autres évènements ponctuels, on perd son temps. Et ce ne sont pas ces évènements symboliques qui vanteront la nécessité d’une production locale, artisanale et concertée : au contraire ils ne feront que faire la promotion d’eux-mêmes, alimentant nos attitudes vaines de revendications inutiles parce que jamais entendues par nos dominants et toujours détournées par eux.

Nous auto-organiser dans le sens d’une écologie sociale à la Abdullah Öcalan nous oblige à nous retrousser nos manches, et nous permet d’ignorer les puissants, meilleure arme de la non-violence.

Il me faudra un jour revenir sur la question des armes, question centrale, complexe, polémique.

publié par Robin, sur son blog Gorgerouge

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