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Quelles seront vos oasis ?

Catherine Pizani, traductrice.

 

J’ai eu très envie de faire un parallèle insensé entre ce magnifique bouquin « L’homme qui aimait les chiens »[1] de Leonardo Padura et nos luttes actuelles.

Le maître du polar cubain nous brosse ici le portrait d’un soldat des renseignements staliniens devenu paria politique après avoir accompli sa mission : assassiner Trotski. Il s’agit en fait d’une valse à trois, Trotski devenu « un hors la loi dans une planète sans visa » sous Staline, Mercader son assassin, et Iván un écrivain en herbe cubain victime de la censure de son pays.

Au travers de trois portraits qui se chevauchent, Padura fait le procès d’une des farces politiques les plus meurtrières de notre histoire contemporaine : le Stalinisme.

Une valse magnifique qui nous emporte dans la Russie soviétique d’un dictateur qui fait disparaître tout le monde au fur et à mesure de ses peurs et de sa paranoïa, qui évoque une Catalogne en pleine ébullition politique avant de sombrer dans la guerre civile puis dans la dictature, et qui nous parle du Cuba des années 70 en proie à ses fabulations historiques.

Je rends hommage à cet auteur et à ceux qui ont été victimes des utopies les plus meurtrières. Nos utopies actuelles n’ont rien à voir avec celles des années 20, 30 et même les plus récentes. La survie de la planète et celle de notre espèce vont au-delà des clivages politiques.

Mais on peut se tromper. Ne sombrons pas dans le verbiage environnemental qui peut être toxique mais luttons sur le terrain et à petite échelle (Totnes, Ungersheim sont de magnifiques exemples à suivre), restons vigilants face aux niveaux de corruption qui enterrent vivants nombre de pays (le Mexique en est un triste exemple) et lisons, lisons beaucoup et entre les lignes (Noam Chomsky, Howard Zinn, Eduardo Galeano nous ferons (re)découvrir l’au-delà des frontières, la presse alternative et nos penseurs français nous permettrons de comprendre les soubresauts de nos sociétés). Redécouvrons les tout petits, les gardiens de semences[2] et les faiseurs de lagune[3] . Parlons-nous. Trompons-nous. Échangeons. Dénonçons la lâcheté de la classe politique face à l’agenda environnemental et son mépris envers la société civile, trop provinciale à son goût. Sachons aussi écouter la parole du philosophe (Onfray, même séduit par sa propre image médiatique, reste encore une très belle tribune). Écoutons les uns[4] (François Ruffin[5] par exemple) et regardons les autres (Marie-Monique Robin, Michael Moore etc.).

Les utopies d’aujourd’hui seront les oasis de demain. À nous de les construire.

[1] http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/06/l-homme-qui-aimait-les-chiens-de-leonardo-padura_1461639_3260.html

[2] (https://vimeo.com/218841301)

[3] (https://legoutducitronvert.wordpress.com/2014/06/16/le-faiseur-de-lagune/)

[4] (https://thinkerview.com/,)

[5] https://www.youtube.com/watch?v=4jXmdF8MjNo

 

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